Une amende RATP et une amende SNCF ne suivent pas les mêmes grilles tarifaires, ni les mêmes règles de majoration. Les deux opérateurs appliquent le décret 2016-541, mais leurs barèmes diffèrent selon le mode de transport, le type d’infraction et le moment du paiement. Cet article compare les tarifs, les délais et les mécanismes de contestation pour chaque réseau.
Tarifs des amendes RATP et SNCF : tableau comparatif
Les écarts de tarification entre la RATP et la SNCF (Transilien) portent sur le montant initial, les frais de dossier et le seuil de majoration. Le tableau ci-dessous rassemble les données disponibles pour les infractions les plus courantes.
| Infraction | RATP (paiement sur place) | SNCF Transilien | Amende forfaitaire majorée (Trésor public) |
|---|---|---|---|
| Sans titre de transport | 70 € | 50 € | 180 € |
| Titre de transport non valable | 70 € | 35 € | 180 € |
| Non-validation Navigo (métro/RER) | 70 € | 5 € (+ 50 € frais de dossier si PV) | 180 € |
| Non-validation Navigo (bus/tram RATP) | 15 € | – | 180 € |
| Titre falsifié ou usurpé | 70 € | 70 € | 180 € |
| Franchissement illicite de ligne de contrôle | 25 € | – | – |
| Souillures / pieds sur banquette | 60 € | – | 375 € |
Les frais de dossier RATP s’élèvent à 50 € en cas de paiement différé. Côté SNCF Transilien, ces mêmes frais de dossier de 50 € s’ajoutent dès qu’un procès-verbal est dressé et non réglé sur place.

Non-validation Navigo : le piège de la majoration RATP en bus et tramway
La RATP distingue deux situations pour un passe Navigo non validé, selon que le voyageur se trouve en bus/tramway ou en métro/RER. Cette distinction n’existe pas côté SNCF Transilien.
En bus ou tramway RATP, la non-validation coûte 15 € si le règlement est immédiat. Le montant paraît anodin. Mais en cas de non-paiement dans les délais, l’infraction suit le circuit classique : 45 € dans les 20 premiers jours, puis 65 €, et enfin 180 € au Trésor public.
En métro ou RER RATP, la non-validation est directement alignée sur le tarif de l’absence de titre, soit 70 € sur place. L’échelle monte ensuite à 100 €, puis 120 €.
Côté SNCF Transilien, un Navigo non validé entraîne une amende de 5 € en paiement immédiat. Les frais de dossier de 50 € ne s’appliquent qu’en cas de procès-verbal. La majoration finale reste identique : 180 €.
L’écart entre les deux réseaux se réduit donc fortement une fois le dossier transmis au Trésor public. La différence se joue au moment du contrôle : un voyageur qui règle immédiatement paiera nettement moins chez SNCF que chez RATP pour la même situation en métro/RER.
Titre de transport inadapté au mode : une logique différente entre RATP et SNCF
Un cas récent illustre une particularité propre à la RATP. Une voyageuse munie d’un ticket de RER francilien a été verbalisée à 70 € dans un bus RATP, les agents estimant que le titre n’était pas adapté au mode de transport emprunté.
Cette situation révèle une différence de logique entre les deux opérateurs. La RATP applique une correspondance stricte entre le titre et le réseau (bus, métro, RER, tramway). Un billet valable sur le RER ne couvre pas automatiquement un trajet en bus, même si l’itinéraire est identique.
Côté SNCF Transilien, la validité du titre repose davantage sur la zone géographique couverte. Un billet origine-destination valide sur la zone empruntée est généralement accepté, quel que soit le mode (train, RER). Cette approche réduit le risque de verbalisation liée à un malentendu sur le support.
Pour les usagers qui combinent plusieurs modes de transport en Île-de-France, le passe Navigo reste le seul titre qui supprime ce risque sur les deux réseaux, à condition d’être validé à chaque correspondance.
Correspondances bus et durée de validité RATP
À Paris, la RATP accorde un délai d’1h30 en aller simple entre la première et la dernière validation pour les correspondances bus-bus, tram-tram ou bus-tram. Pour une correspondance métro-RER, le ticket reste valable dans Paris pendant 2h à partir de la première validation. Ces règles de durée sont propres au réseau RATP et ne s’appliquent pas aux lignes exploitées par la SNCF.

Contester une amende RATP ou SNCF : délais et recours
Les voies de contestation diffèrent selon l’opérateur, même si le cadre légal (loi Le Roux-Savary du 22 mars 2016) s’applique aux deux.
- Chez la RATP, le paiement dans les 20 premiers jours après le contrôle permet de limiter la facture (par exemple, 45 € au lieu de 65 € pour une non-validation bus). Au-delà, le dossier peut être transmis au Trésor public avec une amende forfaitaire majorée de 180 €.
- Chez SNCF Transilien, le délai de 3 mois s’applique avant transmission au Trésor public. Le voyageur peut adresser une réclamation au service dédié ou saisir le médiateur SNCF si la première réponse ne le satisfait pas.
- Dans les deux cas, la contestation doit s’appuyer sur des éléments factuels : titre de transport valide au moment du contrôle, dysfonctionnement de la borne de validation, erreur d’identification du voyageur.
Le recours au médiateur reste une option sous-utilisée. Côté RATP, la réclamation passe d’abord par le service client avant toute saisine externe. Côté SNCF, le médiateur peut être contacté directement si la réponse du service réclamation est jugée insatisfaisante.
Paiement immédiat ou différé : l’écart de coût réel entre les deux réseaux
Le moment du paiement change radicalement la facture finale. Un voyageur sans titre qui règle sur place paie 70 € chez RATP contre 50 € chez SNCF. L’écart est de 20 €.
Si le paiement est différé avec procès-verbal, la RATP facture 100 € (70 € + 50 € de frais, ramenés à ce palier dans les 20 jours) tandis que la SNCF atteint également 100 € (50 € d’amende + 50 € de frais de dossier). À ce stade, les deux réseaux convergent.
Une fois le dossier transmis au Trésor public, le montant est identique : 180 € quel que soit l’opérateur. La différence financière entre RATP et SNCF ne se joue donc qu’au moment du contrôle et dans les jours qui suivent. Plus le règlement tarde, plus les tarifs se rejoignent.
Le seul véritable levier pour limiter le coût reste le paiement immédiat lors du contrôle, où la SNCF affiche des montants systématiquement inférieurs à ceux de la RATP pour les infractions courantes.

