Un paradoxe se glisse dans les habitudes françaises : on peut acheter une cigarette électronique chez le même buraliste où l’on trouvait, hier encore, son paquet de tabac. Cette réalité, loin d’être anecdotique, redessine les frontières du commerce de la vape, secoue les certitudes et bouscule l’ordre établi.
Les buralistes imposent leur présence dans la vape
Difficile aujourd’hui d’ignorer la place prise par les buralistes dans la vente de cigarettes électroniques. Oui, on trouve bel et bien des e-cigarettes chez eux. Ce n’est plus un secret, ni une exception : le buraliste est devenu, au fil des années, l’un des points de repère pour ceux qui cherchent à se procurer une vapoteuse.
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Le marché, désormais, se partage principalement entre deux forces : les buralistes et les boutiques spécialisées. Cette concurrence n’a rien de feutré. Les boutiques dédiées défendent leur pré carré et contestent régulièrement la légitimité des buralistes à vendre des produits de la vape. Pourquoi ? Elles mettent en avant leur expertise, leur volonté d’accompagner les fumeurs vers l’arrêt, là où le buraliste multiplie les activités : vente de tabac, jeux, boissons, et désormais, cigarette électronique.
Dans les faits, le buraliste, par sa proximité et sa polyvalence, s’est emparé de cette opportunité commerciale. La vente de la cigarette électronique s’est ajoutée à la liste de ses services, et il n’est plus rare de croiser une vitrine “Vape Corner” à côté des traditionnelles affiches de loterie.
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L’État a propulsé les buralistes sur le marché de la cigarette électronique
Un tournant s’est opéré en 2018 : l’État a ouvert la voie aux buralistes pour la vente de cigarettes électroniques. Objectif affiché : multiplier les points de distribution, toucher un public plus large, notamment dans les zones rurales ou isolées où les boutiques spécialisées font défaut.
Pour les fumeurs installés loin des centres urbains, la présence du buraliste prend une toute autre dimension. Il devient le relais local, l’adresse accessible pour acheter une e-cigarette et ses consommables, là où l’offre se faisait rare.
Cette stratégie a porté ses fruits. Les chiffres le démontrent : la vape, proposée chez les buralistes, a gagné en visibilité et en accessibilité. On ne peut ignorer l’impact de ces professionnels de quartier, qui diversifient leurs services pour répondre aux besoins de la population.
Leur contribution dépasse la simple vente : ils participent, à leur manière, à la lutte contre le tabagisme, en offrant une alternative concrète aux consommateurs de tabac.
Des buralistes formés, plus professionnels qu’on ne l’imagine
Longtemps considérés comme de simples commerçants, les buralistes ont pris le virage de la formation. Face à la demande croissante, ils se sont adaptés, ont appris à conseiller, à orienter, à répondre aux questions pointues sur la vape.
Dans leurs points de vente, souvent réaménagés en espaces dédiés, ils proposent aujourd’hui des cigarettes électroniques de qualité, avec une attention particulière portée à l’accueil et au suivi du client. La vente ne s’improvise pas : certains buralistes investissent dans des formations pour mieux comprendre les spécificités de la vape, les profils des utilisateurs, les enjeux de santé publique.
Ce professionnalisme, loin d’être un simple argument commercial, s’observe sur le terrain. Un client de passage, un habitué en quête de conseils, un ancien fumeur hésitant : chacun trouve, derrière le comptoir, une oreille attentive et des réponses précises.
La cigarette électronique, longtemps chasse gardée des boutiques spécialisées, s’est donc fait une place solide chez les buralistes. Et ce mouvement semble loin de s’essouffler : à chaque coin de rue, la vape croise désormais la route du tabac, et c’est tout un paysage commercial qui change, lentement mais sûrement.

