L’histoire surprenante derrière l’invention de la robe de mariée

Tout au long de ma vie, il a toujours été traditionnel de porter du blanc lors d’un mariage. Seulement si tu es la mariée, bien sûr. En fait, il est très habituel de ne pas porter du blanc sauf si vous êtes la mariée. Aussi longtemps que je l’ai connu, et mes parents, et même mes grands-parents et grands grands-parents l’ont connu, une robe de mariée est traditionnellement blanche. Cela n’a pas toujours été le cas. Pas du tout. Dans le grand schéma des choses, ça n’a pas été ainsi depuis si longtemps.

Quelque chose de vieux ou de nouveau ?

Avant le XIXe siècle, la mariée portait tout simplement sa plus belle robe, peu importait la couleur. Les femmes choisissaient le vêtement qu’elles préféraient réellement. Par exemple, en Scandinavie, le noir remportait un certain succès. Dans les familles les plus aisées, il arrivait qu’on commande une robe neuve, dans la couleur favorite de la future épouse, spécialement pour le jour J. Mais elle n’était pas faite pour finir au placard ensuite : on la reportait pour d’autres grandes occasions.

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Plus qu’un Mariage

Regarder dans le rétroviseur de l’histoire, c’est voir que le mariage dépassait largement la simple union d’un homme et d’une femme. Les noces étaient une affaire de familles, de fortunes, parfois même de royaumes. Au sortir du Moyen Âge, l’apparence de la mariée devait mettre en valeur sa maison, son clan, ou son pays. Difficile d’imaginer plus stratégique : la robe devenait un étendard social et politique autant qu’un choix personnel.

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Des couleurs qui claquent

Dans ce contexte, les mariées issues de familles riches arboraient des tenues éclatantes, composées de tissus luxueux aux teintes profondes, souvent rehaussées de fourrures, de velours et de soie. On se référait aux codes vestimentaires en vogue, rien n’était laissé au hasard. Même chez les moins fortunés, la tradition était de revêtir la plus belle robe d’église. La richesse de la famille transparaissait dans la qualité et la quantité du tissu utilisé : plus il y en avait, plus le statut social était affirmé.

Et le blanc dans tout ça ?

Princesse Pip

La première princesse dont on ait gardé la trace vêtue de blanc pour une cérémonie royale fut Philippa d’Angleterre, fille du roi Henri IV. Lorsqu’elle épousa Éric de Poméranie en 1406, elle portait une tunique blanche et un manteau de soie bordé d’écureuil et d’hermine. La cérémonie eut lieu à Westminster, avec le noble suédois Ture Bengtsson Bielke pour représenter le marié. Un détail qui en dit long sur le prestige du blanc, déjà associé à la royauté.

Mary Stuart

Marie Stuart, reine d’Écosse, a également choisi le blanc pour épouser François, le Dauphin de France. C’était son tout premier époux, alors qu’elle n’avait que cinq ans lors des premiers accords de fiançailles. Elle avait opté pour le blanc, tout simplement parce qu’il s’agissait de sa couleur préférée. À cette époque, ce choix avait de quoi surprendre : en France, le blanc était la teinte du deuil chez les reines. Malgré ce symbole fort, la mode du blanc à la noce restait encore marginale.

La marque d’une reine

C’est la reine Victoria qui transforma la robe blanche en symbole du mariage occidental. Le 10 février 1840, elle épouse le prince Albert dans la chapelle du palais St James, à Londres, toute de blanc vêtue. Ses demoiselles d’honneur aussi. À partir de là, la couleur blanche devient la norme pour les cortèges, tant pour les demoiselles que pour les jeunes mariées.

L’évolution des styles

Après le mariage de Victoria, de plus en plus de femmes optent pour le blanc. Mais la coupe reste fidèle à l’époque. Au début du XXe siècle, la dentelle et les ornements sophistiqués embellissent les robes. Les années 1920 voient l’apparition de robes plus courtes à l’avant, avec de longues traînes à l’arrière. À la place du voile traditionnel, certaines choisissent le chapeau cloche, emblème de modernité.

Le retour à la tradition victorienne

À la fin des années 1960, la mode revient aux longues robes amples, inspirées du style victorien. Année après année, la robe de mariée blanche se pare de plus en plus de détails : dentelle, paillettes, volants, broderies, tout y passe. Les jupes prennent de l’ampleur, les traînes s’étirent et les voiles rivalisent de sophistication. Aujourd’hui, près de 75 % des robes de mariage sont sans manches ou bustier. Un choix souvent dicté par la facilité de retouches, pour garantir une tenue ajustée et agréable à porter.

Le blanc, mais sous quelle nuance ?

Quand on parle de blanc pour une robe de mariée, il ne s’agit quasiment jamais d’un simple blanc immaculé. Il existe tout un éventail de nuances : ivoire, coquille d’œuf, écru, champagne, voire parfois une pointe de rose pastel. Certaines robes blanches sont même relevées de touches de couleur, pour un contraste qui attire l’œil.

Pourquoi le blanc ?

Beaucoup associent le blanc à la pureté ou à la virginité. Au début du XXe siècle, ce code était strict : on portait du blanc uniquement pour un premier mariage. Mais aujourd’hui, crème, ivoire ou blanc s’affichent sans distinction, quels que soient les antécédents. Pourtant, l’idée de pureté était plutôt liée au bleu, couleur de la fidélité et de la Vierge Marie. Porter du blanc, c’était aussi afficher un certain confort financier : entretenir une robe blanche n’était pas donné à tout le monde.

À présent, l’histoire de la robe de mariée blanche n’a plus de secret pour vous. La tradition, finalement, n’est qu’un point de départ. À chacun de choisir la couleur qui lui ressemble ou d’imaginer sa propre version. Qui sait, peut-être que demain, une nouvelle teinte viendra bousculer la norme et marquer à son tour l’histoire du mariage ?

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